L'histoire d'Ault, ou plus exactement du Bourg-d'Ault ("Ch'Bourqué d'Au" en Picard) suivant l'appellation d'origine, est étroitement liée à sa situation géographique exceptionnelle (voir sa géographie). Le Bourg est né de la mer et porte d'ailleurs un nom relation avec celle-ci. En effet, l'étymologie la plus couramment admise fait dériver le nom d'Ault d'altus en latin qui signifie à la fois haut et profond (d'où la haute mer). En venant du nord, Ault apparaît comme une hauteur, du haut du village la mer apparaît profondément vers le bas..
La première trace de la présence humaine sur le territoire d'Ault est très ancienne. De nombreux silex taillés paléolithiques associés à de nombreux restes de grands mammifères (mammouths) ont été trouvés sur la plage d'Ault Onival (une dent est d'ailleurs exposée au musée Boucher de Perthes d'Abbeville. Ce gisement parait remonter à une période comprise entre 60 000 et 45 000 ans avant notre ère. Depuis lors et jusqu'à l'an mil plus de trace directe ni indirecte de présence humaine. Aucun indice de peuplement aux époques gauloise ou romaine bien que certains pensent qu'il y avait à Ault un oppidum romain qui marquait la limite sud de la baie de la Somme alors beaucoup plus étendue qu'aujourd'hui. Le site gallo romain le plus proche encore visible est celui de la forêt d'Eu. Il semble néanmoins qu'un village existait dès le haut moyen âge et qu'il dépendait de la puissante abbaye de St Valery fondée au siècle 7ème siècle par St Blimont. Le nom d'Ault apparaît dans plusieurs actes au 12ème siècle sous différentes formes : Alt, Auth ou Aulth.
L'acte fondateur du Bourg d'Ault est sans conteste la Charte communale accordée, en 1206, aux habitants par Thomas de St Valery dont dépendait alors le Bourg d'Ault, ce qui prouve que celui-ci devait déjà avoir une certaine importance démographique et économique. Cette charte communale confirmée en 1340 et en 1382 accordait aux habitants d'Ault à une certaine autonomie d'administration avec la tenue d'un conseil communal et la nomination d'un maieur (maire) et d'eschevins (conseillers). Elle permettait également d'utiliser le clocher de l'Eglise, d'ailleurs surmonté d'une tourelle de guet, en tant que beffroi communal et de nommer un sergent assermenté (ancêtre de la police municipale). Quelques années après l'attribution de la charte, le même Thomas de St Valéry et son épouse Adèle de Ponthieu fondèrent une chapelle dans leur château d'Ault. C'est l'ancêtre de l'actuelle église St Pierre d'Ault qui fut érigée un siècle plus tard (cf. histoire de l'église d'Ault).











